Le tourisme écologique, une solution pour protéger les zones humides (M. El Hafi)

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Par Fatima Zahra ERRAJI et Soumia AL ARKOUBI

Rabat – Le tourisme écologique, qui est “très important” pour le développement local, rural et régional, est une solution idoine pour protéger les zones humides, a souligné le Haut-commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, Abdeladim El Hafi.
La protection de ces zones passe par des étapes, à savoir l’inscription de 25 zones humides dans la convention de Ramsar entre 2005 et 2014, a indiqué M. El Hafi dans une interview accordée à la MAP à l’occasion de la journée mondiale des zones humides.
“Nous comptons inscrire 30 sites supplémentaires en 2015-2024, un chiffre important par rapport aux autres pays, l’objectif étant honorer des engagements et créer de nouveaux modèles de développement”, a-t-il ajouté.
La deuxième étape a consisté à préparer un cadre juridique propice, à travers la promulgation en 2010 de la loi relative aux aires protégées qui se veut “une plateforme de tous les engagements, des droits et des méthodes”, préparée dans un cadre participatif.
La troisième étape consiste à convaincre les populations que les interventions entreprises dans le cadre du tourisme écologique visent à protéger le système écologique et sont en faveur du développement durable, a-t-il poursuivi.
M. El Hafi a rappelé, dans ce cadre, la signature de conventions de coopération pour la promotion du tourisme durable entre son département et le ministère du Tourisme ainsi qu’avec l’Agence de coopération internationale allemande pour le développement (GIZ).
En vertu de la deuxième convention qui porte sur le développement et la valorisation des produits écotouristiques au niveau des espaces naturels, notamment les
Sites d’intérêt biologique et écologique (SIBE) des régions Souss-Massa et Béni Mellal-Khénifra, la GIZ contribue avec une enveloppe de plus de 4 millions d’euros.
Le responsable a souligné, à cet égard, l’importance du volet scientifique, de développement et écologique pour réussir toutes les opérations.
A l’occasion de la célébration, cette année, de la Journée internationale des zones humides, quatre conventions seront signées, a-t-il annoncé.
Il s’agit d’une convention avec l’Observatoire national de la mer et du littoral en France qui a une grande expérience en la matière, ayant pour objectif la mise en place d’un cadre de génie écologique dans les zones humides et l’échange d’expertises.
La deuxième convention, qui sera signée avec la société civile, représentée par l’Alliance marocaine du climat et du développement durable, a pour objectif la sensibilisation et le renforcement des capacités et expertises de la société civile.
La troisième, signée avec l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture, vise à développer l’aquaculture et à booster les investissements dans ce domaine, que ce soit dans les eaux continentales ou de mer, a fait savoir le Haut-commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification.
La quatrième sera signée avec la Fédération royale marocaine de pêche de loisir, a-t-il précisé, mettant en exergue le rôle du divertissement dans l’amélioration des revenus des populations locales et la réduction des pressions sur ces zones humides, a-t-il enchaîné.
Interrogé sur les méthodes de protection des zones humides, M. El Hafi a expliqué que cela diffère selon la spécificité de chaque zone et les ressources qui y sont disponibles.
La meilleure méthode reste d’éviter une surexploitation de ces zones et cela est opéré en coordination avec la société civile et les coopératives locales dans le cadre d’une démarche participative, a-t-il fait savoir.
“Les zones humides au Maroc, qui constituent des refuges pour des multitudes d’oiseaux migrateurs, sont des sites écologiques d’une importance internationale, vu leur lien direct avec les zones humides de la Méditerranée, a-t-il affirmé.
“Le Maroc assume une responsabilité internationale en matière de protection de la biodiversité”, a-t-il dit, relevant les défis affrontés par les zones humides au niveau international.
Ces zones constituent la source de revenu quotidien pour 1 milliard d’habitants, a noté M. El Hafi, déplorant une dégradation de leur état depuis 1900 avec une disparition de 65 pc et une extinction de 75 pc des espèces vivant dans les eaux douces depuis 1970.
La lutte contre la pauvreté au niveau mondial est tributaire de la préservation du système environnemental et des zones humides en particulier, a-t-il ajouté.
Il a appelé, dans ce cadre, à préserver la pérennité de ces zones qui se veulent “une source de vie pour la population, un lieu privilégié pour le tourisme, la pêche et l’eau douce, ainsi qu’un moyen pour la protection des systèmes environnementaux et la limitation des dégâts des inondations”.
“On ne peut tirer des avantages de ces zones que par la préservation de l’équilibre de ces zones”, a-t-il conclu.

MAP

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