Nawal Moutawakil : «J’aimerais voir plus de femmes dirigeantes dans le domaine sportif»

0
436
Nawal-Moutawakil-le-naviguateur

Le monde a célébré hier (24 janvier) la journée internationale du sport féminin. Une journée créée pour compenser la sous-médiatisation que connait le sport féminin. À cette occasion, «Le Matin» est allé à la rencontre de la championne olympique Nawal El Moutawakil, pour faire le point sur la situation du sport féminin au Maroc.

Même si son premier amour était le football, c’est en athlétisme que Nawal El Moutawakil s’est spécialisée et qu’elle a brillé en remportant la médaille d’or du premier 400 m haies féminin de l’histoire des Jeux olympiques, à Los Angeles en 1984, devenant ainsi la première femme arabe, africaine et musulmane à remporter une médaille d’or olympique. Trente-trois ans plus tard, l’athlète devenue par la suite dirigeante sportive et femme politique, revient, dans une interview vidéo, sur la situation de la scène sportive féminine, les défis ainsi que les obstacles qui restent à relever pour mieux développer le secteur.

Et si elle se réjouit des grandes avancées qu’a connues le domaine durant les trois dernières décennies, El Moutawakil regrette le nombre insuffisant de femmes sportives dans les postes de management. Nawal El Moutawakil parle aussi de son expérience au sein du Comité international olympique dont elle est membre depuis presque 20 ans. «J’ai été élue en 1998 au Japon presque à l’unanimité et petit à petit j’ai adhéré à des commissions et des groupes de réflexion. J’ai aussi mené certains projets en tant que présidente de la commission d’évaluation pour les JO de 2012, j’ai présidé les candidatures des JO 2016 et j’ai aussi présidé la commission de coordination des Jeux de Rio de 2016», précise la championne olympique.

En parallèle avec sa carrière sportive, El Moutawakil consacre également beaucoup de temps à ses actions sociales via l’Association marocaine Sport et Développement créée début 2000 avec pour mission d’aider la jeunesse marocaine. Cette association, orientée jeunesse, femmes et sport, multiplie les actions de solidarité à travers tout le Maroc, surtout dans le monde rural. L’association a également organisé la course féminine jusqu’à sa 10e édition, organisée aujourd’hui dans de nombreuses régions du Royaume. «Je me rappelle comment il a été difficile au début de trouver un sponsor ou convaincre un média pour soutenir l’événement. Parce que faire courir des femmes était impensable et inesthétique pour certains comme à l’époque de Pierre de Coubertin», ironise El Moutawakil. Et de conclure : «Le sport est un moyen extraordinaire et magique qui peut transformer la vie de tout individu. Ça a transformé ma vie et je ne vois pas pourquoi il ne peut pas le faire pour d’autres jeunes marocains.»

 

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE